A la fin du mois de septembre 2015, les élèves de seconde 6 de l'option EPS ont suivi, comme chaque

année, un stage de voile. Comme chaque année ? Pas tout à fait... La météo, qui ne respecte rien, leur a

quelque peu compliqué la tâche...

 

 

Claude Monet, « Régates à Argenteuil », 1872

Claude Monet, « Régates à Argenteuil », 1872

 

Ç

a y est, c'est le départ. L'excitation était au rendez-vous. Bien évidemment, Samuel, le délégué qui plus est, était en retard. Il marchait sans s'en soucier... Heureusement que M.Margotat, avec sa bonté légendaire, fit stopper le bus afin de faire monter le retardataire.

 

 

Après un court trajet agrémenté de musique et de rires, nous descendîmes du bus et nous rendîmes à L'UCPA. Nous fîmes la connaissances de nos joyeux moniteurs qui, sans perdre de temps, nous indiquèrent les vestiaires pour nous changer et partir le plus vite possible sur l'eau. Après avoir transporté les catamarans sur la plage, les moniteurs nous expliquèrent les différentes étapes pour monter le bateau : c'est le gréement. Nous essayâmes tant bien que mal d'enregistrer le flux d'informations qui nous était fournies.

C'est donc remplis d’engouement que nous voguâmes toute la matinée, apprenant rapidement les ficelles de la navigation. Cette belle séance se déroula sans encombre, si ce n'est que le duo « Lemaitre-Duchemin » fit encore des siennes en dessalant, provoquant l'hilarité de leurs camarades ainsi qu'un tonnerre d'applaudissement. De retour sur la plage, nous nous rendîmes rapidement compte que nos estomacs affamés criaient famine.

Après nous êtres changés, nous nous rendîmes au restaurant où l’on pouvait apercevoir un merveilleux buffet contenant des choses plus succulentes les unes que les autres. Cela allait de la viande aux couleurs alléchantes, au poisson et son fumet entêtant en passant par une sauce au miel à tomber par terre. En revanche les desserts anglais, bien qu’originaux , nous faisait regretter notre bonne cuisine française.

C’est donc l’estomac bien rempli que nous nous dirigeâmes en direction du terrain de volley (constitué de sable et d’épines de pin), toujours dans l’esprit de compétition cordiale propre à l’Option Sport. Après nous être gentiment défoulés et amusés sous l’œil bienveillant de M.Margotat qui prenait un repos amplement mérité sous l’ombre d’un pin, nous repartîmes de bon pied vers nos très chers catamarans qui nous attendaient avec impatience.

C’est le départ. Après avoir contrôlé le montage du catamaran, nous repartîmes à bonne allure en direction du cap que nos aimables animateurs nous avaient indiqué. Or, nos pires ennemis comptaient bien être de la partie. Les crampes et le froid se faisaient sentir, rendant la progression plus compliquée. Ces derniers avaient oubliés qui nous étions : de véritables guerriers au mental d’acier forgé par M. Margotat en personne. Nous continuâmes donc sur notre lancée, remplis de fougue et de détermination. La moindre bourrasque, la moindre accélération nous faisait frémir d'excitation même si quelques uns d'entre nous, dépassés par les événements, furent bien refroidis après avoir bu la tasse suite à un dessalage très spectaculaire.

Après deux heures de courses, de rivalités et de rires en tout genre, nous rentrâmes à bon port. C'est à cet instant, celui où l’adrénaline redescend, celui où le moniteur nous annonce qu'il faut ranger nos embarcations, que nous nous rendîmes compte du froid et du vent qui étaient présents au bord de la plage. Après être prestement descendus du catamaran, après avoir abaissé et plié la voile puis détaché les différentes cordes et équipements, nous nous empressâmes d'aller chercher une remorque puis, à la force de nos bras musclés par l’entraînement intensif de notre bien-aimé M. Margotat, nous soulevâmes le catamaran, gravîmes la légère montée, dévissâmes nos bouchons puis, après les avoir finalement rangés dans l'endroit prévu à cet effet, nous accourûmes vers les douches et les vestiaires dans le seul but de réchauffer nos corps tétanisés.

Après s'être changés et lavés, l'euphorie collective, suite à cette journée remplie de rires et d'émotions, redescendit rapidement après la déclaration de notre professeur qui retentit, telle une terrible sentence  : « C'est après une longue délibération que Madame La Responsable de L'UCPA et moi-même avons décidé que, suite au vent prévu et annoncé par les météorologues, les deux jours de catamaran restants prévus, sont reportés dans deux semaines . »


Nous restâmes bouche bée, accablés a l'idée de reprendre les cours le lendemain même.
C'est ainsi que, le cœur partagé entre la joie conférée par cette journée magnifique et la déception de cette triste nouvelle, nous pénétrâmes dans le bus, bien déterminés à prendre notre revanche contre la nature et les conditions météorologiques dans quinze jours…

« Ships on a Stormy Sea », de Willem Van de Velde le Jeune (vers 1672).

Ships on a Stormy Sea de Willem Van de Velde le Jeune (vers 1672).

 

D

ernier jour de voile pour les 2°6 . La joie était au rendez vous et Samuel était à l'heure !

Après un court trajet en bus nous arrivâmes devant l'UCPA, impatients de prendre la mer. Nos moniteurs, sans perdre de temps, nous indiquèrent les vestiaires. Après avoir monté les catamarans avec une dexterité acquise au cours des deux derniers jours d'entrainement, les élèves prirent la mer. Durant la matinée, nous approfondîmes nos techniques de virement de bord et d'empannage car les moniteurs étaient formels : le vent se lèverait cet après-midi.

Cette première partie de journée se déroula une fois de plus dans la bonne humeur et l'amusement sans incident majeur, si ce n'est le dessalage de Elsa et Samuel (encore lui), qui fit bien rire les autres élèves. Ils riaient naïvement, se croyant à l'abri, sans se soucier de l'après-midi. Car oui, cette matinée fut bien tranquille en comparaison de ce qui allait suivre. Nous y venons, ne vous inquiétez pas.

C'est donc l'esprit léger que les élèves se dirigèrent en direction du restaurant. Une fois de plus, nous ne fûmes pas déçus par l'incroyable cuisinier du centre. Il nous avait mijoté de succulentes pâtes au persil, accompagnées d'une divine sauce au Bleu. Après s'être rempli la panse, les élèves découvrirent le magnifique terrain de volley, réservé aux employés, dont l'accès leur avait été généreusement accordé par la directon du centre. Après de nombreuses parties intenses, remplies de rires et de joie, notre bien-aimé M. Margotat sonna l'heure du départ en mer.

Les élèves se vêtirent rapidement, et s'apprêtèrent à repartir en mer lorsque le moniteur les rassembla pour un rapide briefing. Il entra directement dans le vif du sujet : le dessalage. Il fut clair et direct, il y aurait de nombreux incidents cet après-midi. Nous pûmes observer par nous-mêmes le drapeau battant furieusement au vent. Les élèves embarquèrent donc, et se dirigèrent vers la position que leur avait indiqué leur guide. Tout semblait parfaitement engagé, lorsque Léo et Samuel (toujours lui), effectuèrent un dessalage spectaculaire. Le premier fut projeté dans le foc, tandis que le second fut pris dans les différents cordages et passa sous la voile. Une fois de plus les autres élèves s'esclaffèrent autant qu'ils purent. Leur rire fut de courte durée. Le dessalage de Léo et Samuel ne fit qu'ouvrir le bal. L'après-midi fût parsemé de dessalages en tout genre, de bourrasques soulevant les bateaux de leur poigne invisible. Malgré les nombreux retournements de situation (au sens propre du terme), cette après-midi fut sans doute la plus belle et la plus amusante de toutes. C'est donc autour d'une merveilleuse collation d'anniversaire que les élèves purent discuter de leur journée remplie d'émotion.

Il fut bientôt l'heure de partir. Les élèves remercièrent chaleureusement leurs moniteurs, et c'est le coeur rempli de joie, ainsi que d'une pointe de tristesse à l'idée que ce moment d'euphorie collective ne serait qu'éphémère et ne reprendrait vie que l'année prochaine, qu'ils se dirigèrent vers le bus qui les attendait patiemment.

Au nom de toute la classe des 2°6 de Jean Aicard, nous souhaitons remercier M.Margotat, le centre UCPA et toute son équipe ainsi que la Région PACA, sans lesquels ces trois jours d'évasion n'auraient pas été possibles.

                 

ROBERT Lison, GRIMALDI Dorian & THELOT Samuel